Les missions du poste

Établissement : Université Claude Bernard Lyon 1 École doctorale : NSCo - Neurosciences et Cognition Laboratoire de recherche : CRNL - CENTRE DE RECHERCHE EN NEUROSCIENCES DE LYON Direction de la thèse : Marine VERNET ORCID 0000000173313567 Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-05-31T23:59:59 Ce projet de thèse vise à comprendre le rôle du sens d'agentivité - le sentiment de contrôler ses actions et leurs conséquences - dans la vulnérabilité suicidaire. Bien que des altérations de ce sentiment soient associées à la dépression, à l'impulsivité et aux idées suicidaires, les mécanismes intégrant les dimensions neuronales, psychologiques, émotionnelles et sociales restent mal compris. L'hypothèse centrale est que le risque suicidaire résulte en partie d'une difficulté à adapter son sens d'agentivité à des contextes changeants, conduisant à un sentiment d'incontrôlabilité et d'inévitabilité. Le projet propose d'identifier des marqueurs transdiagnostiques de cette vulnérabilité. Pour cela, trois approches complémentaires seront mises en oeuvre : Une étude expérimentale des mécanismes neuronaux et de leur modulation causale par stimulation cérébrale chez des participants sains ; Une investigation à grande échelle des influences émotionnelles, sociales et individuelles sur l'agentivité ; Une étude clinique combinant mesures comportementales et électroencéphalographiques chez des patients dépressifs avec ou sans antécédents suicidaires. Ce travail permettra d'identifier des signatures neurocognitives spécifiques du risque suicidaire et d'ouvrir la voie à des interventions ciblées visant à restaurer un sentiment de contrôle adapté. Le sens d'agentivité, c'est-à-dire le sentiment de contrôler ses actions et leurs conséquences, est fondamental pour un comportement adapté, se sentir responsable de ses actes et plus généralement se sentir bien. Or ce sens est perturbé dans diverses affections psychiatriques, notamment le trouble dépressif majeur, ainsi qu'à des niveaux infracliniques. Une agentivité réduite a été associée à des traits dépressifs, à l'impulsivité et aux idées suicidaires, autant de facteurs de risque majeurs de tentatives de suicide. Malgré ces constats, il n'existe pas d'explication intégrée de la manière dont les facteurs neuronaux, psychologiques, émotionnels et sociaux façonnent conjointement le sens d'agentivité et peuvent contribuer au risque suicidaire. Nous proposons que la vulnérabilité suicidaire résulte en partie d'une difficulté à adapter le sens d'agentivité à des contextes changeants. Le sentiment d'inévitabilité, central dans les idées suicidaires, pourrait refléter une incapacité à adapter son sentiment de contrôle. Les personnes incapables de moduler leur sens d'agentivité risquent de se retrouver piégées dans un état d'incontrôlabilité perçue, ce qui accroît le risque de suicide. Dans ce contexte, l'objectif de cette thèse est d'identifier des marqueurs transdiagnostiques de vulnérabilité suicidaire à partir de ces perturbations. Nous formulons l'hypothèse que l'adaptation du sens d'agentivité est modulée par les contextes émotionnels et sociaux, ainsi que par les traits psychologiques individuels, et que sa perturbation peut contribuer aux comportements suicidaires.
Nous étudierons les perturbations de l'adaptation du sens d'agentivité chez des patients dépressifs ayant des antécédents de tentatives de suicide (population cliniquement pertinente chez laquelle cette vulnérabilité peut être directement étudiée), chez des sujets témoins affectifs (c'est-à-dire des patients dépressifs sans antécédents de tentatives de suicide) et chez des participants sains (population chez laquelle le substrat neuronal peut être étudié causalement et qui peut présenter des caractéristiques infracliniques associées au risque suicidaire). Dans un premier objectif, nous caractériserons les mécanismes neuronaux de l'adaptation du sens d'agentivité et testerons sa modulation causale par stimulation transcrânienne à courant continu haute densité chez des participants sains. Dans le deuxième objectif, nous examinerons comment la valence émotionnelle, le feedback social et des traits infracliniques influencent l'adaptation du sens d'agentivité dans un large échantillon en ligne, permettant une caractérisation multidimensionnelle du risque suicidaire. Dans le troisième objectif, nous identifierons les marqueurs comportementaux et neuronaux les plus sensibles pour évaluer les altérations de l'adaptation du sens d'agentivité chez les patients à risque suicidaire, en enregistrant l'électroencéphalographie pendant une tâche d'adaptation de l'agentivité chez des patients dépressifs avec (ou sans) antécédents de tentatives de suicide et chez des sujets témoins sains.

Le profil recherché

Le candidat ou la candidate devra disposer de solides bases théoriques sur le sens de l'agentivité et le suicide, attestées par des stages et/ou une forte motivation personnelle. Il ou elle devra également posséder de bonnes compétences en programmation dans un langage couramment utilisé (R, Python ou Matlab), idéalement démontrées dans le cadre d'un projet de recherche antérieur (par exemple en Master 2). Une bonne maîtrise de l'anglais et du français, à l'oral comme à l'écrit, ainsi qu'une expérience en rédaction académique sont requises. Un diplôme en neurosciences cognitives avec un intérêt marqué pour la psychiatrie, et idéalement une spécialisation sur les conduites suicidaires, est attendu.
Une ou plusieurs des compétences suivantes constitueront un atout :
Expérience en conception d'expériences (Python, Unity, JavaScript)
Expérience avancée en analyse de données, notamment via des approches de modélisation computationnelle des données comportementales et/ou des analyses de données neurophysiologiques (EEG, MEG)
Maîtrise d'analyses statistiques et de la visualisation de données

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