Thèse Effets Auditifs et Extra-Auditifs de l'Exposition au Bruit au Travail dans la Cohorte Constance H/F - Doctorat.Gouv.Fr
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- Doctorat.Gouv.Fr
Les missions du poste
Établissement : Université Claude Bernard Lyon 1 École doctorale : EDISS - Interdisciplinaire Sciences-Santé Laboratoire de recherche : UMRESTTE - UNITÉ MIXTE DE RECHERCHE ÉPIDÉMIOLOGIQUE ET DE SURVEILLANCE TRANSPORT, TRAVAIL, ENVIRONNEMENT Direction de la thèse : Barbara CHARBOTEL ORCID 0000000188056225 Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-09-30T23:59:59 Le projet porte sur l'exposition au bruit au travail au sein de la cohorte Constances et vise à évaluer les effets auditifs et extra-auditifs du bruit professionnel.
L'étude s'articule autour de quatre objectifs principaux :
1- Réaliser une revue exploratoire de la littérature scientifique existante sur l'exposition au bruit au travail et ses conséquences sur la santé. Cette revue permettra de synthétiser les connaissances actuelles, d'identifier les principaux facteurs de risque et de documenter les effets auditifs et extra-auditifs, afin d'étayer le cadre méthodologique des analyses empiriques ultérieures (Objectifs 3 et 4).
2- Évaluer l'exposition au bruit professionnel en croisant les horaires de travail des volontaires de la cohorte Constances avec la matrice d'exposition professionnelle au bruit (JEM) développée par Santé publique France (SpF) et l'UMRESTTE. Une évaluation de la cohérence entre l'évaluation de l'exposition au bruit professionnel basée sur la matrice et les données autodéclarées par les individus sera également réalisée.
3- Évaluer les effets auditifs de l'exposition au bruit au travail - tels que la perte auditive, la surdité et les acouphènes - par l'application de modèles de régression multivariables, en tenant compte d'autres expositions professionnelles identifiées comme facteurs de risque : effet combiné d'expositions professionnelles ototoxiques (solvants organiques, monoxyde de carbone et cyanure d'hydrogène, par exemple).
4- Étudier les effets extra-auditifs de l'exposition au bruit au travail. En s'appuyant sur les résultats préliminaires issus de la littérature, des associations potentielles seront explorées avec des issues telles que l'hypertension, les troubles du sommeil et les troubles cognitifs. La revue exploratoire permettra de hiérarchiser les issues les plus pertinentes pour l'analyse. Des ajustements seront également effectués pour tenir compte des facteurs de risque associés aux conditions étudiées (travail posté, horaires décalés, travail de nuit, etc.).
Nous proposons un sujet original qui permettra de produire des données actualisées sur les effets auditifs et extra-auditifs de l'exposition au bruit dans le cadre professionnel à partir d'un large échantillon de la population française. L'utilisation des matrices emploi exposition permettra également d'étudier les effets conjoints d'une exposition aux solvants. Ce travail est réalisé dans le cadre de l'équipe associée entre l'Umrestte Univ Lyon 1 et la DSET de Santé Publique France. L'équipe dispose d'une solide expérience et de compétences complémentaires en évaluation des expositions, statistique et épidémiologie. Nos collaborations passées sur l'évaluation des expositions au bruit d'une part et sur l'utilisation des matrices solvants d'autre part pour l'étude de leurs effets sanitaires constituent un atout majeur pour la réussite du projet.
Pour répondre à ces objectifs, nous proposons l'exploitation des données de la cohorte française Constances. En effet, cette cohorte dispose de mesures audiométriques, de données de santé et permettra de répondre à la caractérisation de l'exposition via la MEE bruit, à l'estimation de la perte auditive et des autres impacts sur la santé de l'exposition au bruit professionnel. Il s'agit d'une cohorte de grande taille en population générale destinée à la recherche en santé, avec près de 220 000 volontaires âgés entre 18 et 69 ans au moment de l'inclusion, représentant 198 108 calendriers professionnels complets et 636 597 épisodes professionnels. Le recueil des données a été effectué entre 2012 et 2021 à l'aide de divers questionnaires et de séries d'examens médicaux, dont des examens audiométriques, réalisés dans les centres d'examen de santé de la Sécurité Sociale. Les deux équipes participant à cet appel à projet ont eu l'autorisation d'utiliser les données de la cohorte Constances dans le cadre du projet BruiSaCo.
Le croisement de la MEE au bruit, développée par nos équipes, permettra de quantifier l'exposition professionnelle au bruit des sujets de la cohorte Constances en tenant compte de leur histoire professionnelle. L'exposition au bruit professionnel sera quantifiée selon 3 indicateurs : la probabilité d'être exposé à un niveau de bruit non lésionnel (entre 70 et 80 dB(A)Lex,8h), la probabilité d'être exposé à un niveau lésionnel auditif ( 80 dB(A)Lex,8h) et enfin la probabilité d'être exposé à un niveau sonore 70 dB(A)Lex,8h qui est la somme des 2 probabilités précédentes.
Des modèles de régressions permettront ensuite d'évaluer les liens entres les effets auditifs et extra-auditifs et l'exposition professionnelle au bruit. Différents troubles de santé seront étudiés comme variables d'intérêt : la perte auditive, les troubles cardio-vasculaires, les troubles de santé, troubles cognitifs, le diabète, l'hypertension artérielle. De nombreuses variables collectées dans la cohorte Constances serviront de variables d'ajustement (dont le travail posté, les horaires décalés et le travail de nuit). La prise en compte de l'exposition professionnelle aux solvants ototoxiques dans la perte auditive sera également effectuée.
L'exposition professionnelle à certains produits ototoxiques peut être en cause et aggraver l'effet du bruit sur la perte de l'audition : solvants organiques, monoxyde de carbone et acide cyanhydrique (Zhou et al., 2020). La MEE aux solvants de Santé publique France (SpF) et les variables déclaratives du questionnaire permettront des ajustements. Cette MEE solvants a déjà été utilisée en 2022 par des membres de l'équipe de recherche dans le cadre d'un autre projet de recherche (Guth et al., 2024).
Le profil recherché
Le/la candidat(e) a un diplôme en biostatistiques ou en épidémiologie de niveau Master 2
Une expérience professionnelle dans le domaine de l'analyse de données d'études épidémiologiques serait appréciable.
Compétences attendues :
> Connaissance des logiciels d'analyse statistiques et de gestion de données
> Maîtrise des outils et des études statistiques
> Maîtrise des langages et des techniques de programmation/modélisation : R et SAS
Connaissances :
> Statistiques
> Data management
> Épidémiologie
> Langue anglaise niveau B1 à B2
Savoir être :
> Être autonome
> Savoir travailler en équipe
> Être organisé et rigoureux